Dialoguons

Hard to see, ooh

The hang ups we have today

Said we need to strive for more liberty

Lift yourself up on your feet, let’s get it on

 

Joseph Ratzinger (Benoît XVI) est la figure intellectuelle qui m’est la plus inspirante, car toute son existence a été dévouée à la réconciliation. Foi et raison, religion et science, éros et agape, modernisme et antimodernisme, gauche et droite : c’est avec force qu’il s’est engagé à l’ouverture de relations entre des antinomies. Ce qui ne signifie pas que je suis un fervent défenseur de Ratzinger : sa gestion de la crise de pédophilie durant son pontificat a été malvenue et la séparation du rite tridentin du rite moderne, en considérant le premier comme un « rite extraordinaire », est à contrecourant de ce à quoi il a agi durant le reste de sa vie intellectuelle. Mais que l’on apprécie ou non sa pensée, il me semble que nous pouvons tous être enclins à considérer sa volonté de réconciliation comme étant signe d’une fructification, d’une fortification et d’une multiplication bienvenues. C’est dans cette optique que cet article va définir des bases de convergences, sans dénier les divergences, entre les positions de la revue Scandale (« Contre la paix intellectuelle ») et celles de la Zone à Démarbrer (« Contre l’université »).

 

Commençons par la concorde, car elle est précieuse : c’est dans son déploiement que les discordes vont se dévoiler.

 

Diverses expériences ont déjà prouvé que, des mondes qui semblent s’ignorer, peuvent se rencontrer au gré d’une discussion, d’une projection ou d’une soirée, d’un échange de savoirs et de pratiques. (…) Qu’il est possible de créer de la culture politique dans ce pays si platement coutumier du consensus le plus plat.

 

On achète son diplôme comme en d’autres temps on faisait acquisition d’un quartier de noblesse. (…) Qu’il n’y a pas d’obligation de sous-traiter la vie à toutes les entreprises privées qui s’étalent sur le campus.

 

Si de simples discussions peuvent paraitre anodines, nous les considérons quant à nous comme la preuve que divers milieux (…) peuvent se rencontrer, se parler, échanger, dans le respect de leurs diversités et dans l’exercice d’une conflictualité cordiale et politique. Nous réclamons par conséquent qu’un lieu soit offert à la poursuite de cette expérience.

 

La concorde s’acte sur trois accointances : l’anti-consensus intellectuel, les méfaits du télos de business de l’université et l’ouverture d’une plateforme propice au dialogue.

 

La Belgique est un pays où l’excitation des échanges n’est pas naturelle : tout aseptiser est dans notre tempérament intellectuel. Nous pourrions rétorquer qu’il y a du positif dans cette approche : tout le monde conserve une ligne d’approche similaire aux problèmes exposés. Mais le négatif pèse bien plus dans la balance : il y a un climat malsain qui se propage dans le milieu académique à se terrer dans le silence ou à se contenter de faire la prédication de slogans plutôt que de pensées. Et s’il n’y a plus articulation de pensées dans le lieu maître qui est censé régir cela, on peut y déceler le plus terrible des drames : la mort de l’esprit critique. Figurer toute une ambiance intellectuelle sur une gamme fermée d’opinions et débattre uniquement sur des menus détails à leur propos est nuisible. Il faut oser qu’il y ait une altérité, qu’il y ait une réceptivité de part et d’autre pour que nous puissions établir un raisonnement plus profond que de se limiter à des développements de surface. Et ceci peut s’effectuer dans une « conflictualité cordiale » : il n’y a rien qui présage qu’une disputatio intellectuelle se calque sur une guerre physique.

 

L’université devient un marché à savoirs plutôt qu’une marche aux savoirs, ce serait de mauvaise foi que d’essayer de masquer cette part de l’édifice. L’affaire autour du rectorat de l’université de Liège, qui a eu peu d’échos médiatiques, est manifeste de cette dérive académique. L’actuel recteur, Albert Corhay, qui le sera jusqu’à septembre et la mise en place de nouvelles élections, est un proche du ministre de l’enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt. Ce dernier est parvenu à ce qu’une législation passe pour permettre à ce que l’âge d’un recteur soit plus avancé que précédemment… donnant ainsi la possibilité au recteur liégeois de briguer un nouveau mandat. Un mouvement de contestation a pris naissance devant cette décision. Et parmi les opposants, l’ancien vice-recteur, Rudi Cloots, changeant de camp pour se retourner contre Albert Corhay. Ce dernier, dans un désir probable de transparence, a décidé dès lors de partager sur les réseaux sociaux les frais de note du vice-recteur sur ces dernières années en termes de déplacement : Rudi Cloots s’est dès lors immédiatement retiré de la course. En plus de cela, Albert Corhay a également pris la ferme disposition de se rendre dans les cercles, pour glorifier ces derniers pour le souffle bienheureux qu’ils injectent dans la vie estudiantine. Un de ses opposants, lui, a préféré se rallier auprès des élèves de la communauté LGBT pour soutirer une part de l’électorat estudiantin. Au final, les résultats ont été tellement empreints de confusions que l’actuel recteur va se voir déposer au début de l’année académique qui s’annonce et qu’un successeur lui sera désigné en temps voulu… signifiant la tenue d’un troisième tour électoral. C’est un bac à sable pour adultes que cette description succincte de la situation et il serait judicieux de s’en effrayer avec entendement. Car de là se détachent deux problématiques : la politisation universitaire (qui est un sujet de discorde plutôt que de concorde, d’où le fait qu’il sera traité plus loin) et le télos de business qui a pris son ascendant. Que la transmission de savoirs devienne une préoccupation financière plutôt qu’éducative est inquiétant : le primordial est perdu de vue pour se laisser contraindre à des dispositions qui sont exclues de ce que devrait être une université (là encore, n’entrons pas trop profondément dans sa définition, car cela sera également un fruit de discorde).

 

Le dialogue est la denrée la plus élémentaire pour l’âme et son enrichissement. Comme démontré dans les deux points précédents, l’université ne se comporte plus selon cette logique : elle ne veut pas d’un dialogue ou tout du moins, elle veut d’un dialogue qui soit maîtrisé selon ses prémices. De là, permettre à ce qu’il y ait des lieux à potentialités pour que le dialogue éclose est l’alternative la plus bienheureuse qui soit. L’établissement de coffeehouse à partir du XVIIème siècle en Grande-Bretagne est la preuve que ce n’est pas la première fois qu’une telle démarche s’est concrétisée en marge de l’université : Scandale est une revue qui se joint dans cette lignée et de même la Zone à Démarbrer, dans son dessein originel, est louable à cet égard.

 

En résumé, la concorde s’instaure en ceci : le consensus intellectuel n’est pas profitable à l’université, sa marchandisation est néfaste et l’ouverture au dialogue est ce qu’il y a de plus bénéfique en contre-attaque de cela.

 

Où se dévoilent les discordes à présent ? Voici des fragments de fragments pour nous les situer.

 

Qu’il est possible de sortir l’université de son cloisonnement communautaire. De l’ouvrir à autre chose qu’a la verticalité des savoirs et des avis.

 

Mais pour nous, c’est l’occasion de montrer, de démontrer, qu’il est possible de casser la marchandisation de l’université par des actes concrets. Par la simple volonté d’étudiants.

 

Il faut dire que ce n’est pas nous qui avons commencé à lui mener la guerre. Déjà, petit, l’enseignement s’est mis à nous trier, nous obliger, nous discipliner. (…) Oui, c’est cela, finalement, l’enseignement : l’apprentissage de la retenue, de l’absence à soi. 

 

Là encore, les discordes peuvent être comptées au nombre de trois : le rôle social de l’université, le changement possible de télos et la critique de l’éducation dans son essence même.

 

Le rôle social de l’université et son changement de télos sont tous deux intrinsèquement liés dans le discours zadiste et je vais me permettre un excursus philosophique (car là réside la source du désaccord) sur la raison de cette fusion organique entre deux aspects qui devraient, selon nous, être séparés.

 

Marx est un des philosophes les plus importants de ces trois derniers siècles. Vous pouvez apprécier ou mépriser sa pensée, les faits sont là : c’est lui qui a sublimé l’idéalisme objectivant d’Hegel pour placer le focus sur la subjectivité. De là découlent l’existentialisme (mouvance plus qu’hétéroclite : Nietzsche, Kierkegaard, Dostoïevski, Camus et Heidegger en sont des têtes pensantes), une influence non-négligeable au sein de la phénoménologie (Sartre est le nom à retenir à ce sujet) et évidemment de la philosophie politique (Lénine, Proudhon et Engels ont, entre autres, écrit là-dessus). Philosophie politique : c’est un non-sens du point de vue de la pensée de Marx. Ce dernier est un philosophe avant d’être un historien, un économiste ou un commentateur politique : ceux qui témoignent ainsi sont des marxiens (tels que Guy Debord, Jacques Ellul ou Michel Henry), là où ceux qui témoignent du contraire sont des marxistes. Les marxiens m’intéressent bien plus que les marxistes, car ils vont à la source même des travaux de Marx, qui sont avant tout celui d’un philosophe. Et comment conçoit-il la philosophie ? Comme achevé. C’est une lubie typique des penseurs germanophones que de mettre fin à la philosophie pour la transcender ou la jugeant comme étant accompli grâce à leur apport : Kant, Hegel et le Wittgenstein du Tractatus ont chacun à leur manière jugé qu’ils avaient su parachever tous les problèmes philosophiques existants et que seul le silence pouvait dès lors se consumer. Dès lors, la philosophie étant abolie, dans le cas de Marx, nous devons maintenant penser par la praxis. C’est en cela que le rôle social de l’université et son télos sont indissociables pour des porteurs de la pensée de Marx : il n’y en a pas un qui se règle par la praxis et l’autre par la philosophie, puisque la philosophie est devenue praxis.

 

La preuve de cette approche par la Zone à Démarbrer réside dans deux de leurs revendications:

 

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La Zone à Démarbrer s’appuie sur un télos de justice sociale, car pour elle, la justice sociale est la Vérité. Alors que pour nous, elle n’est qu’une vérité, non pas la Vérité. Assez ironiquement, ce déplacement d’un télos de business à un de justice sociale n’entre pas dans le dessein originel de la ZAD, qui désire qu’il y ait un dialogue entre tous et chacun. Or, qu’en est-il de ceux qui ne perçoivent pas ces deux revendications comme constitutifs de leur apport au dialogue au sujet de la Vérité ? Sont-ils exclus ? Mais s’ils sont exclus, où est le dialogue ? Doit-on enlever ces deux revendications ou tout du moins, les reformuler ? Si on veut revenir au dessein originel, oui, il le faudrait. Car nulles considérations politiques ne devraient s’aligner sur la Vérité, celle-ci étant dès lors biaisée et encline à ne pas accepter des points de vue allant à contre-courant. C’est ici que s’acte une première discorde, à savoir que Scandale aurait été en accord avec la mise en pratique du projet s’il y avait eu séparation du politique (praxis) et de la connaissance (philosophie). Ce qui ne signifie nullement qu’il ne peut y avoir de réconciliation entre les deux, mais ce n’est pas à l’université d’opérer cela : elle se doit d’être impartiale.

 

Ce qui débouche sur la seconde discorde, à savoir la critique de l’éducation dans son essence même. « L’acte d’autorité est l’acte d’amour le plus grand qui soit. » Quand un pédagogue transmet son savoir à ses élèves, ce n’est pas un acte à prendre la légère. Car qu’est-ce que cela signifie ? Que le pédagogue a choisi les meilleures connaissances quant au sujet qu’il va enseigner et qu’il va les confier en un don gratuit à son public. Il pourrait sélectionner d’autres éléments que ses meilleures connaissances, il pourrait se contenter de tout enseigner sans prendre la peine de discerner le meilleur du moins bon, mais non : il décide de transmettre son héritage sapientiel à autrui. Et s’il le fait, c’est parce qu’il sait que les personnes en face de lui sont capables d’appréhender cet héritage et d’en faire bon usage. De ce don gratuit, le pédagogue sait qu’une fructification, qu’une fortification et qu’une multiplication vont s’en époumoner et les élèves éprouvent de la gratitude de savoir qu’un enseignant leur ait fait confiance pour qu’une telle transmission s’opère. C’est l’acte d’amour le plus grand qui soit. C’est évidemment le portrait idéal d’un pédagogue : tous n’adoptent pas cette mentalité. Mais cela signifie-t-il pour autant qu’il faudrait supprimer toute éducation car tout ne fonctionne pas comme il devrait ? Je me permets de faire un parallèle avec un article de Richard V. Reeves pour le 212ème anniversaire de John Stuart Mill sur la plateforme « Heterodox Academy ». La question que pose Reeves est de savoir si la pensée de Mill, qui est d’accepter tous les points de vue même les plus marginaux dans la sphère du débat, est toujours d’actualité en des temps où la désinformation virtuelle devient un fléau commun. Car comment pourrions-nous laisser vaquer des points de vue qui colportent des fausses informations ? Ce à quoi Reeves réplique que ce n’est pas une donnée suffisante pour commencer à censurer ces individus : c’est un problème qui a pris son essor uniquement depuis deux ans, dans la vague de la dernière élection présidentielle américaine. Réagir au quart de tour n’est pas la solution. Ce qui ne signifie pas qu’il ne faut pas être relativiste quant aux fausses informations diffusées. Mais il faut combattre cela avec intelligence, et non pas vouloir enclore tout sous un dôme par effet de panique : ça ne ferait que déplacer le problème. C’est identique quant à l’éducation dans son essence même : nous ne pouvons pas radier l’acte d’autorité car il nous déplairait présentement. Cela serait enlever le grain avec l’ivraie : il faut plutôt acter de patience pour désherber les ronces qui nous tailladent inutilement et que les fioretti puissent s’époumoner dans tout leur éclat. « L’ignorance ne s’étonne de rien et la science admire chaque chose » : là est la véritable joie.

 

En résumé, la discorde s’instaure en ceci : l’université ne devrait pas se positionner sur telle ou telle question, le télos de justice sociale va à l’encontre d’une volonté de dialogue et l’éducation doit conserver l’acte d’autorité en son sein pour que son essence soit toujours éducative.

 

« Nous chevaucherons le tigre, nous sentirons l’innocence » : c’est un passage de l’article « Nouvelle Doxologie » qui est paru dans le premier numéro de Scandale. Et ce passage reprend les extraits transcrits par deux italiens qui étaient contemporains : Julius Evola et Pier Pasolini. Le premier est un aristocrate mystico-fasciste, le second un cinéaste poético-communiste. Autant dire qu’il y a plus de divergences que de convergences qui lient les propos de ces deux hommes. Il n’empêche que ce sont deux œuvres qui offrent à étoffer des pensées, car une fois que j’ai refermé leur livre respectif, je me suis retrouvé en désaccord sur une multitude de points. Sauf que ceux-ci étaient développés avec une telle acuité qu’il m’était impossible d’en faire impasse : il fallait que je me confronte à eux pour que je puisse articuler avec plus de précision et plus d’intelligence mes pensées comparées aux leurs. Et n’est-ce pas là le but de la réconciliation : permettre à ce que nous acceptions les pensées d’autrui pour nous transformer et permettre ainsi à ce que nous ne soyons pas esclaves de nos pensées, mais au contraire qu’elles soient libres et nous de même ? Dès lors, si telle est la réconciliation, n’hésitons plus : dialoguons.

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2 réflexions sur « Dialoguons »

  1. Concernant la ZAD: Il ne suffit pas de se tenir à deux extraits de revendications pour comprendre les processus qui s’y déroulent. Notons le bien, il ne s’agit pas d’une charte, mais bien de revendications — ce qui n’est pas la même chose. Voir en ces revendications portées au sein d’un projet (qu’éventuellement on peut envisager par la praxis), mené de commun accord avec les différentes personnes présentes une prétention à détenir la « Vérité de justice sociale », c’est passer à côté de la plaque; parce qu’au sein de ce projet, ce sont bien les échanges et les débats qui portent; non pas une vision dominante (encore moins marxiste); ce que l’on observe ici c’est bien la rencontre entre différents mondes, tant dans les pratiques que dans les discussions (constructives pour énormément).

    Dès lors on comprendra pourquoi les développements qui paraissent tant préoccuper l’auteur.e de l’article n’ont strictement aucun sens (outre le fait qu’ils nient totalement ce qui se passe sur place): [celleux qui ne sont pas d’accord avec la « charte »] « Sont-ils exclus ? Mais s’ils sont exclus, où est le dialogue ? »; Mon dieu, mais oui, où est donc le dialogue? Serait-on face à une atteinte à un des grands principe de l’ULB? Où le libre-examen, où est le débat? Où donc pardis cache le dialogue? Une fois de plus les faits sont tout autres, mais bon, la loupe analytique a peut-être manqué le coche (soyons honnêtes, et donnons ici le bénéfice du doute).

    C’est bien beau de manipuler des concepts à tout va, mais tant qu’on se limite à une approche superficielle qui nie le réel lui préférant la facilité, ils restent de l’ordre du fantasme et amènent à dire pas mal de bêtises; comme montré plus haut, ou encore celles-ci: « Car nulles considérations politiques ne devraient s’aligner sur la Vérité, celle-ci étant dès lors biaisée et encline à ne pas accepter des points de vue allant à contre-courant. » Depuis quand on confond acteurs et positionnement idéologique? wtf? Et cela continue jusqu’à affirmer la nécessité d’avoir des modes d’organisation autoritaire, par de grandes phrases bien tournées qui nient totalement l’historique.

    Peut-être sortir et se confronter aux réels peut être une solution pour l’auteur.e de cet article, cela me semble-t-il ne pourrait qu’enrichir sa pensée.

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    1. « Concernant la ZAD: Il ne suffit pas de se tenir à deux extraits de revendications pour comprendre les processus qui s’y déroulent. »

      Ce n’est pas le cas : il a également été tenu compte de la série de quatre articles « Fragments en faveur de l’occupation de l’ULB » par le Groupe Anathème. De même que ce qui n’est pas spécifié dans l’article : les visites de rédacteurs de la revue dans la zone même et l’observation du fil d’actualité du Facebook de Zone à Démarbrer – Assemblée Libre ont été sources d’informations pour que nous puissions composer cet article.

      « Notons le bien, il ne s’agit pas d’une charte, mais bien de revendications — ce qui n’est pas la même chose. »

      Merci pour la précision : ce n’est effectivement pas la même chose. Je vais rectifier cela.

      « Voir en ces revendications portées au sein d’un projet (qu’éventuellement on peut envisager par la praxis), mené de commun accord avec les différentes personnes présentes une prétention à détenir la « Vérité de justice sociale », c’est passer à côté de la plaque; parce qu’au sein de ce projet, ce sont bien les échanges et les débats qui portent; non pas une vision dominante (encore moins marxiste); ce que l’on observe ici c’est bien la rencontre entre différents mondes, tant dans les pratiques que dans les discussions (constructives pour énormément). »

      Sur base des actions commises par des personnes se revendiquant de la ZAD, le sujet des séances-débats qui s’y portent, les idées communiquées via les réseaux sociaux, le langage employé pour que ses idées soient transmises et même simplement regarder sur quels positionnements se situent la majorité des personnes participant à l’édifice de ce projet, c’est difficile de ne pas voir qu’il y a quand même une préférence marquée pour une certaine vision. Et étant donné qu’il y a une majorité d’individus porteurs de cette vision, ce n’est pas étonnant qu’une ligne commune basée sur cette vision prenne naissance. Et je n’ai rien contre cela : juste, cela retire en considération les prémices originelles du projet. Car que vous le vouliez ou non, à partir du moment où vous notifiez des revendications et que vous partagez celles-ci sur votre organe de communication principal qui est publique, cela signifie que cette vision de la majorité a pris l’ascendant de par son accointance avec les revendications affichées. Or, cette vision n’est pas égale à celle qui a été envisagée au commencement. Ce qui n’entraîne en rien qu’il y ait bien la rencontre de gens entre différents mondes et que les discussions soient constructives : seulement, l’articulation publique de ces revendications fait que la Zone à Démarbrer a pris positionnement quant à ces revendications. Vous ne pouvez pas dissocier cela.

      « Dès lors on comprendra pourquoi les développements qui paraissent tant préoccuper l’auteur de l’article n’ont strictement aucun sens (outre le fait qu’ils nient totalement ce qui se passe sur place): [celleux qui ne sont pas d’accord avec la « charte »] « Sont-ils exclus ? Mais s’ils sont exclus, où est le dialogue ? »; Mon dieu, mais oui, où est donc le dialogue? Serait-on face à une atteinte à un des grands principe de l’ULB? Où le libre-examen, où est le débat? Où donc pardis cache le dialogue? Une fois de plus les faits sont tout autres, mais bon, la loupe analytique a peut-être manqué le coche (soyons honnêtes, et donnons ici le bénéfice du doute). »

      « Sont-ils exclus ? Mais s’ils sont exclus, où est le dialogue ? » Ce sont des interrogations, pas des affirmations.

      « C’est bien beau de manipuler des concepts à tout va, mais tant qu’on se limite à une approche superficielle qui nie le réel lui préférant la facilité, ils restent de l’ordre du fantasme et amènent à dire pas mal de bêtises; comme montré plus haut, ou encore celles-ci: « Car nulles considérations politiques ne devraient s’aligner sur la Vérité, celle-ci étant dès lors biaisée et encline à ne pas accepter des points de vue allant à contre-courant. » Depuis quand on confond acteurs et positionnement idéologique? wtf? »

      Soit vous avez mal saisi ce que j’ai voulu écrire ou soit est-ce moi qui n’ait pas saisi votre remarque. En les deux cas, nulle part est-il écrit que je confonds acteurs et positionnements idéologiques.

      « Et cela continue jusqu’à affirmer la nécessité d’avoir des modes d’organisation autoritaire, par de grandes phrases bien tournées qui nient totalement l’historique. »

      Là-dessus, j’aimerai avoir un développement plus ample si vous pouvez m’en confier un. Effectivement, si je cite François-Xavier Bellamy avec la phrase « L’acte d’autorité est l’acte d’amour le plus grand qui soit », c’est que je pense, et même je vais jusqu’à affirmer, qu’il y a nécessité d’une organisation hiérarchique dans le domaine de l’éducation.

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